• ///////////////

    TEXTE EN FRANÇAIS PLUS BAS

    My work is guided by a deep interest in collecting and characterised by a broad display of pieces. I accumulate, enumerate and reinterpret to create sequences of variations and continual inventories in order to compose intimate installations full of details.

    This practice is developed around transformed representations of nature and landscapes. With the creation of delicate drawings, I analyse different subjects by modifying their scale, by simplifying their general lines and by removing their volume. All these transformations operated on the subjects will sometimes define them in very precise images; sometimes take them away from their essence. The studied subjects then appear on paper to become very simple compositions or, on the contrary, very complex compositions resulting of accumulations, repetitions, superposition and transparency effects. The drawings present at the same time a simplicity and a kind of excess : they are realised only with graphite, with sometimes a little addition of colour, but play with subtle tones. The interpretation’s indications can also be confused. The subjects are imprecise, the depth perception is blurred, the shapes merge, etc. In other words, I construct drawings with simples shapes, but with the interest to progressively make them more complex. At the end, the drawings evoke an ensemble familiar and recognizable or totally mysterious and abstract.

    In my installations essentially formed of drawings, I also like to insert found objects and spontaneous sculptures made of plaster, concrete and wood. In a try to experiment other techniques, I recently started to work with text, books and silkscreen printing.

    In every exploration, these drawings, objects and other pieces become fragments of inventories or variations of an endless research. Each project I realise, which always reveals a vast amount of pieces, demonstrates an insatiable nature and a desire to give some importance to every tiny detail. But more than all, each moment I create become an invitation to discover fragments of nature and to repeat the exercise of observation all around us.


    Born in Carleton-sur-Mer (Québec), Emilie Bernard currently lives and works in Québec City. She obtained a Master degree in Visual Arts from Université Laval (Québec City) in 2010. Her work has been displayed in various galleries, museums and artist-run centers in Québec, Finland, Iceland and France. Since 2011, she has been concentrating on doing residencies. She has developed projects during stays in different regions of Québec; in villages in Vermont and Finland; in mountains in Iceland; in cities in Armenia and France and in the Rockies in Alberta. Incidentally, it is these residencies that have brought her to choose drawing and to work with nature and landscape. Until now, she has been supported many times by the Conseil des arts et des lettres du Québec, the Canada Council for the Arts and Première Ovation, a program for the upcoming artists from Québec city.

  • ///////////////

    Mon travail se définit par un vif intérêt pour le grand déploiement de pièces. Je crée des successions de variantes et des énumérations continuelles dans le but ultime de concevoir des installations intimistes chargées de détails.

    Cette pratique se manifeste par des représentations décalées d’éléments de la nature et du paysage. Par la création de dessins légers et délicats, j’analyse des sujets intuitivement choisis en modifiant leur échelle, en simplifiant leurs lignes générales et en supprimant leur volume pour les travailler en aplats. Cette transformation opérée sur les sujets ira tantôt les définir, les circonscrire en des images très concrètes; tantôt les éloigner de leur essence. Les sujets étudiés apparaissent alors sur papier, de manière isolée ou comme éléments parmi d’autres, pour créer des compositions très épurées ou très chargées issues d’accumulations, de superpositions, de jeux de transparence et de répétitions. Les dessins présentent à la fois une grande économie et un certain excès; ils sont réalisés simplement au graphite, avec parfois quelques touches de couleur, mais jouent avec des nuances subtiles, avec le minuscule et l’imperceptible. Les pistes sont aussi parfois brouillées. Les sujets demeurent imprécis, l’effet de profondeur est confus, les formes se mélangent les unes aux autres, de telle sorte que le dessin devient une image floue dans laquelle le regard se perd. C’est dire que je construis des dessins avec des formes simples, dessins que je tente de complexifier progressivement. Au final, c’est un ensemble parfois familier et reconnaissable, parfois mystérieux et abstrait qui est évoqué.

    Dans mes installations à caractère essentiellement poétique se greffent souvent aux dessins des objets trouvés et des sculptures brutes et spontanées de plâtre, de bois ou de béton. Dans une tentative de décloisonner ma pratique, mes recherches actuelles me font également effleurer le texte, le livre et la sérigraphie.

    Au fil des explorations, ces dessins et objets deviennent des fragments d'inventaires ou les variantes d’une recherche sans fin. Chacun des projets réalisés, qui plonge inévitablement dans la surabondance, affiche en outre un désir de faire briller chaque infime détail. Mais plus que tout, chaque moment créé est une invitation à poser un regard contemplatif sur des traces de nature et, ultimement, à répéter cet exercice d’observation tout autour de soi.


    Native de Carleton-sur-Mer en Gaspésie, Émilie Bernard vit et travaille à Québec depuis plusieurs années. Elle est titulaire d’une maîtrise en arts visuels (2010) de l’Université Laval (Québec). Son travail a été présenté dans différents centres d’artistes, musées et centres d’exposition au Québec, en Finlande, en Islande et en France. Depuis 2011, elle réalise surtout des résidences de création. Elle a notamment fait de la recherche lors de séjours dans diverses régions du Québec; dans des villages au Vermont et en Finlande; dans des montagnes en Islande; dans des villes en Arménie et en France et dans les Rocheuses en Alberta. C’est d’ailleurs ces résidences qui l’ont amenée à privilégier le dessin et à s’intéresser à la nature et au paysage comme sujets de recherche. Jusqu’à présent, elle a été appuyée à plusieurs reprises par le Conseil des arts et des lettres du Québec, le Conseil des arts du Canada et Première Ovation, un programme de soutien aux artistes de la relève de la ville de Québec.